Le succès de l'aventure de Lacq

Quand le 14 octobre 2013, le groupe Total ferme la dernière conduite qui relie l’usine de Lacq au réseau national de distribution de gaz naturel et met fin à la contribution de plus de 50 ans du gaz de Lacq aux besoins énergétiques industriels et domestiques de la France, ce n’est pas la fin de l’aventure industrielle.
Bien au contraire, on assiste à un remarquable rebond du site. Préparé de longue date, il s’appuie sur les collaborations entre entreprises, collectivités publiques et organisations syndicales animées par des hommes voulant pérenniser l’exceptionnel développement inventé au fil des cinq décennies d’exploitation du gisement de gaz naturel de Lacq.

La recherche et l’innovation scientifique et technique ont joué un rôle essentiel dans le succès des multiples aventures et transitions qui ont émaillé la vie du site, passé en l’espace d’une soixantaine d’années d’une économie reposant sur la polyculture traditionnelle à l’un des sites industriels chimiques majeur de l’hexagone.

Pour nous en persuader, revenons quelques années en arrière !
L’odyssée du bassin industriel de Lacq commence en décembre 1949 avec la découverte d’un gisement de pétrole, suivie deux ans plus tard de celle du plus grand gisement de gaz naturel européen de l’époque.
Mais la présence de plus de 15 % de sulfure d’hydrogène dans le gaz rend celui-ci tellement corrosif et toxique qu’il ne peut être exploité avec les techniques de l’époque. Il faut trouver une solution pour en extraire le soufre.
Commence alors une collaboration intense entre les industriels du bassin de Lacq et le monde industriel de la recherche et de l’innovation.

Après cinq années de travail, les équipes de recherche de la société Pont–à–Mousson mettent au point un acier résistant à la corrosion fissurante des tuyaux de forage provoquée par ce gaz. Les ingénieurs et techniciens de la SNPA développent les procédés de désulfuration permettant la réalisation de la première unité de traitement du gaz, d'une capacité de 1 million de mètres cubes de gaz quotidiens, qui est mise en service dès 1957.

En 1959, la SNPA créé le Centre de Recherches de Lacq dans le but de développer des recherches/innovations visant à valoriser les sous-produits du traitement du gaz dans trois directions : les matières plastiques, la chimie du soufre, les questions de sécurité et très vite, de protection de l’environnement. Près de 250 techniciens et ingénieurs y travaillent encore.

Entre 1960 et 1965, la SNPA installe à Pau son centre de recherche et son centre de traitement informatique.

Ce regard panoramique sur les premières années de vie du complexe rappelle comment une politique industrielle volontariste, soutenue par l’inventivité de ses acteurs, a pu faire le succès de la difficile aventure de Lacq.
Il met aussi en lumière la nécessité pour les industriels de faire appel à un personnel de haut niveau scientifique et technique et de disposer d’une capacité de recherche/développement et de recherche fondamentale dynamisée par la proximité d’une université dont les missions sont l’enseignement supérieur, la recherche et la valorisation des résultats de ces recherches.

C’est pourquoi la SNPA soutient fortement la création du nouveau Collège Scientifique Universitaire. Ce dernier sera, avec l’Institut d’Etudes Juridiques et le Collège Littéraire, l’une des trois composantes de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Née officiellement en 1970 par décret présidentiel, l’UPPA, dans cette première phase de développement, met en place des formations en sciences exactes puis un peu plus tard en sciences de la terre et de la vie, et développe petit à petit un ensemble de laboratoires de recherches qui établiront, difficilement au départ, des liens avec leurs homologues de la SNPA puis d’ELF Aquitaine.

Mais bientôt le développement des productions et la bonne santé économique du bassin industriel d’une part, la démocratisation de l’enseignement supérieur et l’arrivée en nombre des babyboumeurs à l’université d’autre part, vont conduire chacun à poursuive son chemin de façon plus distante et autonome. Les contrats de recherche entre industriels et chercheurs sont nombreux surtout dans le domaine des géosciences, de la thiochimie et des polymères ; étudiants et doctorants réalisent leurs stages de formation dans les usines du bassin ou dans les laboratoires des grands groupes industriels…
Pourtant, ce n’est plus mis en avant, ni considéré comme une valeur de référence.

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