Après 4 ans d’harmonisation de la gestion des déchets, le service porte de nouveaux projets. Rencontre avec Alain Bouchecareilh, Vice-président délégué à la collecte et au traitement des déchets.

Depuis le 1er janvier, il faut une carte magnétique pour rentrer dans une déchetterie ?

C’est un changement important pour les usagers. C’est vrai et si nous n’avons pas encore assez de recul pour évaluer les effets de ce changement, les premiers ressentis sont plutôt positifs. Ce qui ressort le plus, c’est l’amélioration de l’accueil, avec des quais moins encombrés et une signalisation claire et esthétique. Les remarques négatives portent davantage sur le nombre de passages autorisé à 24 par an. Nous entendons ces craintes et nous reverrons la copie si besoin. Mais vous allez voir que l’on va très vite se rendre compte que c’est largement suffisant. Parce que ce chiffre est basé sur une étude de fréquentation et qu’il est très au-dessus de la fréquentation moyenne annuelle par usager. Bien sûr, cela va obliger certaines personnes à changer leurs habitudes : ne plus se déplacer pour un ou deux cartons par exemple mais stocker les déchets et faire un voyage le coffre plein. Mais si un meilleur service est au rendez-vous, la satisfaction sera générale.

Après le chantier d’harmonisation de ces 4 dernières années, le projet de 2018 sera la construction d’une nouvelle déchetterie sur le secteur de Mourenx. Pourquoi ce choix ?

Cette déchetterie qui date de 1992 a été construite sur un site industriel au moment où les bureaux de l’ancien district de Lacq se trouvaient à côté. Elle était donc placée entre les bureaux et l’usine d’incinération d’ordures ménagères, ce qui à l’époque se justifiait. Depuis, les unités industrielles ont évolué et cette déchetterie qui accueille beaucoup de public est désormais enclavée dans un secteur industriel, ce qui n’est plus vraiment cohérent en termes de sécurité et d’environnement pour les agents de la CCLO d’une part et les usagers d’autre part. Nous avons donc pris la décision de construire une nouvelle déchetterie, route d’Artix à Pardies, sur un terrain de 4 000 m2 appartenant à la CCLO. Elle devrait être opérationnelle au dernier trimestre 2018.Elle sera de type modulaire et évolutive, constituée de blocs de béton afin de la faire évoluer selon les besoins. Son coût de 900 000 est entièrement financé par le budget « déchets » de la collectivité.

Quels sont les autres chantiers de ces prochaines années ?

L’élaboration « d’un plan local de prévention des déchets ménagers et assimilés » est un projet très ambitieux sur lequel nous allons travailler jusqu’à fin 2018. Issu de la loi grenelle 2, ce décret fait obligation aux collectivités territoriales responsables de la collecte et du traitement des ordures ménagères d’établir un programme visant à la réduction des déchets sur leur territoire.
Il s’agit donc d’un document de planification sur 6 ans qui détaillera les objectifs de réduction de déchets et les mesures qui seront mises en oeuvre pour les atteindre.
C’est un chantier important car avant de définir les objectifs, il impose de faire un état des lieux duquel nous tirerons les principaux enjeux et les actions à suivre, accompagnées des moyens humains, techniques et financiers nécessaires à leur mise en place.

Avez-vous déjà quelques pistes pour inciter les usagers à réduire leurs déchets ?

Beaucoup d’actions sont déjà en place telles que la mise à disposition gratuite de composteurs et d’autocollants stop-pub. Tout le travail qui est réalisé autour du tri avec les collectes et la modernisation des déchetteries n’a pas d’autres objectifs que de faciliter le geste de tri, sans compter toutes les actions de sensibilisation que nous menons dans les foires et les marchés et auprès du jeune public.
Cette année, nous allons commencer à réfléchir à la tarification incitative qui consiste à ne faire payer à chaque foyer que les déchets qu’ils produisent, ce qui revient à réduire la facture de ceux qui font de réels efforts de tri. Appliqué sur d’autres territoires, ce moyen a déjà fait ses preuves. Rendez-vous dans quelques mois pour en reparler !

17.01.2018