Matériaux essentiels pour les nouvelles technologies dont certaines que nous utilisons au quotidien, les terres rares sont aujourd’hui en très grande majorité importées depuis l’Asie vers l’Europe. Pour renforcer son indépendance dans ce domaine, l’État français a investi plus de 100 millions d’euros dans une usine à Lacq, Carester, où une centaine d’emplois seront créés d’ici 2027.

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Recycler les terres rares pour renforcer la souveraineté économique de la france

Aujourd’hui encore, près de 95 % de nos terres rares sont importées, et ce principalement de Chine. Ne disposant d’aucun gisement exploitable à court terme sur son territoire, les terres rares posent un réel problème de souveraineté nationale en France. Une difficulté que rencontre également l’Europe, qui, malgré quelques gisements, dépend elle aussi principalement d’importations étrangères.

Les terres rares, c’est quoi ?

Les terres rares ce sont 17 éléments chimiques réputés pour leurs propriétés optiques, magnétiques et catalytiques uniques. Bien que dans certains cas des substituts existent, elles restent essentielles pour les nouvelles technologies puisqu’on les retrouve dans les écrans d’ordinateur et de smartphone (quelques grammes), dans les voitures électriques (2 kg en moyenne) ou encore dans certaines technologies militaires.

Sans les terres rares, il n’y a pas d’industrie moderne. Alors la France et l’Europe ambitionnent d’ores et déjà une autre voie que l’extraction primaire : celle du recyclage.

L’usine Carester à Lacq produira 15 % de la demande mondiale

Spécialisée dans le recyclage d’aimants dont elle sera en capacité de recycler environ 2 000 tonnes chaque année, l’usine Carester sur le bassin de Lacq a bénéficié d’un soutien de l’État à hauteur de 106 millions d’euros au travers du plan France 2030. Depuis la pose de la première pierre en octobre 2025, le chantier de l’usine a bien avancé et sera achevé début 2027. Plus de 100 emplois seront alors créés.

L’usine couvrira 15 % des besoins mondiaux en oxydes de terres rares lourdes (soit 600 tonnes par an de terres rares lourdes séparées) et 25 % de la demande européenne. Sa création lance une réelle dynamique : celle de faire émerger une filière européenne des terres rares.

Les ministres de l’économie et de l’industrie annoncent un plan national depuis Lacq

Lors d’une visite du chantier de Carester programmée à Lacq ce mardi 5 mai 2026 avec Roland Lescure ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et Sébastien Martin, ministre délégué de l’Industrie, le gouvernement a officiellement annoncé un plan national pour les terres rares.

Il est divisé en 3 axes :

  1. Sécuriser notre approvisionnement en terres rares et aimants permanents,
  2. Soutenir la construction, sur le territoire, d’une chaine de valeur complète de production d’aimants permanents à base de terres rares, nécessaires à la transition énergétique et la mobilité électrique,
  3. Inscrire la démarche en cohérence avec les initiatives européennes (CRM act, plan ResourceUE) et internationale (G7).

Il doit permettre de relocaliser cette industrie stratégique des terres rares et de renforcer l’indépendance et la souveraineté économique de la France au travers d’actions concrètes dont :

  • L’assouplissement de la garantie des projets stratégiques (GPS), un dispositif qui offre une garantie sur les prêts bancaires pour des projets considérés comme stratégiques pour l’économie française, afin de favoriser les approvisionnements d’entreprises françaises,
  • D’exiger pour les grandes entreprises de la filière automobile, la transmission d’un plan de diversification de leurs approvisionnements en aimants permanents,
  • Ou encore d’encourager l’innovation et le développement en France de composants automobiles sans terres rares (notamment lourdes) via un axe dédié dans le cadre des prochaines relèves de l’appel à projet CORAM, qui vise à soutenir des projets de recherche et de développement.